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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 11:15

Faut-il ou pas chercher à comprendre les raisons qui poussent un individu à se transformer en terroriste? Cela semble utile à certains alors que d'autres ne le souhaitent pas, peut être par crainte de confondre compréhension et pardon. Ci-dessous des éléments d'analyses:

  • Extraits de l'analyse de Jacques SAPIR "Retour sur l’attentat de Nice " publiée sur https://russeurope.hypotheses.org/:

    L’attentat de Nice nous confronte à une réalité effroyable : un homme seul, ou du moins bénéficiant de très peu d’aide, est à même de commettre un massacre de masse. [...]  L’EI ou Al-Qaeda, appellent sur divers réseaux sociaux leurs admirateurs à commettre de tels crimes de masse. Ils le font à travers divers médias qui touchent aujourd’hui une fraction de la population de plus en plus grande. Ces appels entrent en résonnance avec les prêches haineux de certains prédicateurs qui constituent le contexte idéologique de ce que l’on appelle la « radicalisation ». Cette notion de contexte est importane [...] C’est ce qui fait qu’un individu notoirement perturbé se mue en un meurtrier de masse au nom d’une idéologie.

    [...] que l’on puisse avec des moyens réduits, provoquer de tels massacres, est un fait sur lequel il convient de réfléchir. [...] Il faut lutter contre cette idéologie, ses vecteurs et ses apologistes. Mais, cela implique aussi de comprendre comment un homme seul a pu commettre des meurtres sur une même échelle que ce qu’ont commis une quinzaines d’hommes (Attentats de Paris du 13 Novembre 2015). Il nous faut donc réfléchir à ce qui a rendu ceci possible et aux conséquences qu’il nous faut tirer de cet état de fait.

     

    Densité sociale et vulnérabilité

    Pour comprendre cet état de fait des sociétés moderne il faut revenir au principe de densité sociale [...] mis à jour par Emile Durkheim (sociologue) qui analyse l’existence et les conséquences de ce qu’il appelle la densité matérielle et la densité dynamique des sociétés. [...] Il provient de la constatation que dans une société où les acteurs sont à la fois séparés et interdépendants, toute action initiée individuellement peut avoir des effets non intentionnels sur autrui. [...] La fonction de densité d’une société traduit donc le degré de probabilité pour qu’un nombre croissant de ses membres puisse être affectés par un effet non-intentionnel d’un autre membre. [...] Cette fonction de densité peut se traduire alors par une fonction de vulnérabilité des sociétés. [...]

    Qu’est-ce que la densité sociale ?
    [...]

    Les conditions pour une vie pacifique dans une société dense
    [...] la suppression de l’idéologie Jihadiste, de ses vecteurs et de ses propagandistes, est aujourd’hui une priorité. Au-delà, ce sont les sources même de cette idéologie qui doivent être combattues, et en particulier le discours prônant l’invisibilité des femmes dans la société, ou des discriminations particulières, parce que nous pensons qu’il y a une radicale distinction entre l’être et le faire. Ce discours doit être combattu et ces symboles interdits, ou à tout le moins strictement encadrés par des réglementations et des formes d’organisation.
    C’est la condition nécessaire à notre vie en société.
    [...] les sociétés, ou les groupes, qui ne respectent pas le principe de non-discrimination, [...] limiteront toujours l’expression des pleines potentialités de l’action humaine. Voilà aussi pourquoi la lutte contre les discriminations fondées sur le sexe, l’origine ethnique, la langue ou tout autre élément de l’être d’un individu, n’est pas simplement une démarche morale mais est au contraire l’expression la plus achevée d’une démarche sociale.

 

19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 08:34

Qui ne saute pas n'est pas Niçois - Hyphen Hyphen

L'attentat au camion bélier du 14/07/2016 à Nice a provoqué toutes sortes de réactions, pour certains le besoin de coucher par écrit leur ressenti et pour d'autres de communier à plusieurs leurs émotions:

 

  • Antoine LEIRIS, journaliste, auteur du livre "Vous n'aurez pas ma haine" et victime des attentats parisien du 13/11/2016 (Perte de sa femme au batalan):
    Je ne supporte plus l’odeur des bougies [...] cette odeur âcre qui me laisse dans la bouche le goût du sang versé. Je pensais ne plus avoir assez de larmes. Je pensais que le pire était passé. Je pensais m’être habitué. Je me trompais. [...] Ils sont morts. Et nous allumons une bougie. [...] c’est peu une bougie. Pourtant c’est une arme plus puissante que toutes celles qu’ils pourront utiliser. Parce que le jour ou la mort de l’autre nous laissera sans réaction, le jour où nous n’allumerons plus de bougies, nous serons devenus comme eux.
    [...] pour ne pas craindre la mort, il faut trembler de peur devant la vie. Alors craignons la mort et embrassons la vie. Dès le lendemain j’ai allumé une bougie [...] Elle me rappelle l’urgence de la vie.
  • Christiane Taubira, anicenne garde des sceux de 2012 à 2016 a exprimé ses sentiments à travers un texte "Vallée de larmes..." partagé sur son compte facebook:

    "Nos cœurs portent leur deuil. [...] Nous saurons un peu de leurs vies, ce qui nous sera offert, quand leurs proches commenceront à partager. Nous en saurons alors assez pour leur faire place durable dans nos mémoires. Ils continueront ainsi à être. Par-delà les cris et l’effroi, malgré ce désarroi sans cordages qui nous encorde, plus vibrants encore que cet émoi qui nous fend en dedans et nous laisse cois. Nous les tiendrons au chaud dans nos plis d’âme, bien que pour l’heure, nous soyons saisis de froid.
    L’absence…
    Une petite-fille vive, parfois rêveuse, qui ne reviendra pas à l’école. [...]
    Un petit garçon qui ne retrouvera pas la crèche. [...]
    Une adolescente délurée, déjà sûre de vouloir embrasser le monde, et qui manquera à son amoureux. [...]
    Une maman qui ne rentrera plus, [...]

    Ils ont des prénoms qui résonnent de toutes les contrées du monde, ramenant des senteurs, des sons, des clichés et des clichés, et engendrant un même chagrin, une même désolation qui rappellent que, par-delà terres et mers, les larmes sont sœurs. [...]
    L’aveuglement qui frappe avec une froideur de robot d’acier n’a jamais eu ni de raison ni raison. Quelles fêlures faut-il à l’esprit pour faire éclore cette démence démentielle, chez l’homo sapiens sapiens, homme qui pourtant sait qu’il sait. De quelles fureurs anciennes et nouvelles, familières ou inédites, matées ou rétives, gronde ce monde où l’hystérie nourrit l’hystérie!
    Même de loin, mais si près de la souffrance, nous savons que notre seule offrande, celle qui nous sauve ensemble des étendues et profondeurs de la désespérance, ne peut venir que des signes de la vie qui vainc.
    I’ve got dreams to remember (Otis Redding).
    Pendant qu’un semeur de mort et d’affliction, exilé en méta-humanité, brisait tant de promesses et de sagesses, le dernier mot n’était pas dit.
    Des enfants sont nés cette nuit-là. Je n’ai pas vérifié mais je sais. Car ainsi va la vie qui vainc. Ces bonheurs n’ont pas la vertu de verser une goutte de fraîcheur sur les cœurs en malheur.
    Mais ils signent la défaite des semeurs de mort, qui qu’ils soient."

  • Nicolas BEDOS s'est exprimé une semaine après l'attentat de Nice sur sa page FaceBook.
    Ci-dessous un extrait:

    "Certes, le lieu et l'heure ne change rien à l'affaire. [...] le chagrin est le même, [...]
    Evidemment. Sauf que.
    C'est à Nice que j'ai monté ma première comédie. [...] Le jour, on répétait dans l'obscurité du théâtre National et puis, vers 19h, on se précipitait vers le soleil de la promenade, retravaillant le texte en jetant des galets, avant d'aller vider des bières à la terrasse des ponchettes, [...] Bref, le hasard d'un directeur m'avait collé Nice sur le coeur. Qui est resté fidèle à ce premier bonheur d'auteur. Mon choix d'adulte.
    [...]
    Il y a plus d'un an, quand il s'est agit d'écrire mon premier film, c'est à Nice que j'ai pensé. [...]
    Les Trissotins de la capitale me prenaient de haut: "-Qu'est-ce tu vas foutre là-bas?", "un bastion d'extrême-droite!", une "réserve de vieux", "le Marseille des Salauds". Qu'importe! [...]
    L'été dernier, nous y étions. Les feux d'artifices, tout ça. La fiancée qui danse pieds nus au milieu des touristes étrangers. Aucun camion à l'horizon. Juste les étoiles, le rire des gosses et la promesse d'une nuit tendre.
    [...]
    Un an plus tard, changement de programme:
    -Chialer cette fête mortelle devant BfmTv.
    -Ne pouvoir m'empêcher de revoir la fiancée tournoyant dans la foule, le regard illuminé par le bouquet final. Final?
    -Imaginer son corps qui passe sous ses roues. Final?
    -Trembler pour eux, pour soi, pour nos souvenirs, pour l'Avenir. Ne pas en revenir qu'un monstre de malheur ait pu joué ça dans CE théâtre.

    Voilà, fidèle à Nice. Dans la gaité comme dans les larmes.
    Même si ces mots ne servent à rien, si ce n'est à vous les dire."

  • Jean-Luc Mélenchon, homme politique français publie dans le journal "L'humanité":
    "On aurait voulu que ce soit juste l’été et ses soirées dans la nuit douce. Juste un 14 juillet avec ses bals des pompiers et ses feux d’artifices, et aussi le bruit des choses simples. Et voilà le retour d’un de ces absurdes assassins, les cris et la mort. Maudit soit-il ! Alors on rentre en soi et laisse passer la vague d’émotion comme on a appris à le faire depuis qu’on a vécu toutes ces autres abominations.
    On lève les yeux sur le magasin des mots et on se demande lesquels choisir pour les offrir en pansement. Aider ceux qui autour de nous serrent les dents tandis que leur empathie leur fait vivre cent fois la trajectoire de ce camion comme s’ils le voyaient et que leur proche se soit trouvé dans sa trajectoire. Et quels mots encore pour ces pauvres gens qui à cette heure pleurent leur mort, pour ces blessés douloureux et sidérés.
    Vivons profondément ce partage de la souffrance. Car avec lui nous vérifions que nous sommes restés humains dans ce monde qui l’est souvent si peu. Et nous entretenons ce qui manquait au misérable lâche dans ce camion. Le sentiment que les autres sont nos semblables et que rien ne peut leur arriver sans que nous soyons concernés."
  • Ernest PIGNON-RENEST, artiste niçois de l'art urbain, réagit dans l'interview du journal "Le Figaro":

    [...] Nice est ma ville natale, [...] La Promenade des Anglais, pour moi, mes parents, comme pour tous les Niçois, ce sont les familles qui descendaient le soir du 14 juillet poser leur nappe sur les galets de la plage et manger leurs pains bagnat en regardant les feux d'artifice. La Promenade des Anglais, c'est l'image même de Nice, ville cosmopolite construite par des générations d'émigrants, ouverte sur la Méditerranée et son héritage. [...]
    Bien avant cette actualité, j'avais voulu clore ma rétrospective au Mamac avec la figure dédoublée de Pier Paolo Pasolini, l'homme assassiné en 1975, sur la plage d'Ostie, près de Rome, portant son propre cadavre. Comme s'il nous disait: «Qu'avez-vous fait de ma mort?» Il nous avait alertés sur beaucoup de choses, sur la déshumanisation actuelle, sur la violence, sur les dangers de l'ignorance et de l'inculture. Tous ces paramètres, nous les retrouvons dans les proclamations et les actes de l'État islamique. Depuis le nazisme, à mon sens, on n'avait pas vu pareille conjonction néfaste. C'est le triomphe de la bêtise, de l'ignorance, de l'inculture. Les policiers qui ont questionné les rares survivants de ces attentats suicide, comme Salah Abdeslam impliqué dans les attentats de Paris, l'ont bien dit: c'est le néant de l'esprit. [...]
    L'attentat a eu lieu près du quartier de la Madeleine , l'un des plus populaires de Nice et un quartier apaisé où cohabitent depuis longtemps les communautés arménienne et maghrébine. Leurs enfants sont forcément au nombre des victimes. C'est un symbole d'unité nationale qui est atteint. Notre richesse. [...]
    Je n'arrive pas à faire une analyse à chaud. J'ai besoin au contraire de recul pour lire, réfléchir et essayer de dégager ma pensée de ces événements terrifiants. [...]
    Face à cette horreur absolue, je cherche mes mots, je sens en moi cette colère gronder. [...] Je suis inquiet pour mes amis arabes qui sont, d'ailleurs, pour la plupart athées. Ils subissent une pression grandissante des radicaux qui agressent les femmes sur leurs tenues jugées trop légères et les hommes s'ils boivent une bière en terrasse. Avec le racisme latent de fait dans notre pays, ils se retrouvent pris entre deux feux.

Pier Paolo Pasolini, l'homme assassiné en 1975, sur la plage d'Ostie, près de Rome, portant son propre cadavre

Pier Paolo Pasolini, l'homme assassiné en 1975, sur la plage d'Ostie, près de Rome, portant son propre cadavre

Nissa la Bella sur Times Square suite à l'attentat du 14/07/2016 à Nice (+ La Marseillaise)

Ci-dessous l'extrait de l'article "Attentat de Nice : l’hyper-communication digitale et médiatique mène-t-elle la société droit dans le mur ?" que l'on peut lire sur http://www.leblogducommunicant2-0.com

"Le carnage terroriste opéré à Nice à la fin du feu d’artifice du 14 juillet a aussi été le théâtre digitalo-médiatique d’un emballement sans précédent d’images et de paroles. [...] La société est-elle happée dans une dangereuse lessiveuse communicante et informationnelle au risque de perdre le sens et la compréhension ? Réflexions.

[...]Réseaux sociaux, chaînes d’information et leaders politiques se sont engouffrés comme jamais dans une hyper-communication sans filtre, ni retenue. Si l’impérieux besoin de s’exprimer et d’informer n’est guère contestable en soi, peut-on malgré tout s’interroger et envisager certains recadrages où l’émotion si légitime soit-elle ne doit pas prendre le pas sur la hiérarchisation et la contextualisation des faits ainsi que le respect des acteurs involontaires de cette tragédie ?

A 22 h 45, Mohamed Lahouaiej Bouhlel déclenche l’irrémédiable [...] dès 22 h 50, les premières vidéos, tweets et photos du carnage essaiment sur Twitter et consorts. [...] le temps de la viralité digitale s’est dilaté au point de se confondre avec la réalité brute.

[...] A Nice, plusieurs twittos ont ainsi parlé de prise d’otages [..]. D’autres ont évoqué des explosions[..]. En parallèle, certains ont dérapé dans le gore et le sanguinolent [..] d’un voyeurisme immonde. Une minorité aura même été jusqu’à chercher à vendre ces images chocs à des médias. [...] L’attentat de Nice remet de nouveau brutalement sur le devant de la scène la question délicate de la modération des réseaux sociaux. Même si Twitter, Facebook, Google et autres ont indéniablement pris la mesure du problème (mais pas toujours des moyens), la vitesse de prolifération et de duplication amplifie la sidération collective partout ailleurs, sans nulle hiérarchisation des priorités informationnelles, ni filtrage de décence à l’égard des victimes et des morts.

Médias : Le grand n’importe quoi est atteint

Nice - ITW France 2

[...]

des chaînes comme BFM et iTélés multiplient les bandeaux défilant sur une « supposée » prise d’otages. [..] Quitte à aller comme France 2 jusqu’à interviewer un homme encore à terre, sous le choc et à côté du cadavre de son épouse. La chaîne publique s’en excusera néanmoins dès le lendemain mais l’affaire est révélatrice de cet emballement qui confine à un delirium tremens journalistique.

Dirigeants politiques : zéro pointé en communication

Dans cet enchevêtrement numérico-médiatique, les ténors politiques n’ont malheureusement pas été les derniers à aboyer du commentaire à l’emporte-pièce. Parmi eux, on peut citer Christian Estrosi, ancien maire de Nice et actuel président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur. [..] Autre picador de la communication politique en plein dérapage : Henri Guaino . Le député des Yvelines se mue en général cinq étoiles au micro de RTL : « Il suffit de mettre un militaire avec un lance-roquettes à l’entrée de la promenade des Anglais, et il arrêtera un camion de 15 tonnes ».[...]

Michel Rocard s’était déjà publiquement interrogé sur cette hyper-communication contemporaine [...] vécue au moment de l’assassinat du premier Ministre israélien, Yitzhak Rabin en 1995 : « Quelques minutes à peine après que les premières dépêches d’agence soient tombées, je recevais déjà des demandes d’interview pour réagir à chaud sur ce crime alors qu’on ne savait pas encore si le tueur était arabe, juif ou simplement un déséquilibré isolé. Vous conviendrez tout de même qu’il est capital de savoir qui a commis un tel geste au regard du contexte du Proche-Orient. Une déclaration à l’emporte-pièce peut avoir des conséquences autrement dramatiques ». Ce qui faisait dire à Michel Rocard non sans causticité sur les médias que « chacun d’eux ne survit qu’en dominant le bruit des autres. Ce qui appelle la rapidité, l’effet de scoop et l’effet de scandale ».[...]

Alors, on coupe le robinet ?

[...] Lors des derniers attentats en France, en Belgique ou même aux Etats-Unis, les réseaux ont aussi offert une face qui est à encourager comme par exemple le hashtag #PortesOuvertes qui proposait aux victimes de trouver assistance et refuge ou celui de #PrayForOrlando pour s’associer symboliquement à la peine des personnes touchées très directement par les crimes terroristes. Autre point à capitaliser : le recours aux médias sociaux pour relayer les messages d’urgence des autorités responsables [..]

Quant aux médias, il va devenir plus qu’essentiel d’enrayer cette spirale délétère de l’ivresse du « live » et du marathon au scoop. A cet égard, des internautes eux-mêmes ont lancé un populaire hashtag #CSAcoupeztout enjoignant l’autorité de tutelle à mieux réguler la couverture éditoriale d’une actualité dramatique. [...] il est urgentissime que les journalistes cultivent drastiquement le constat dressé dans un éditorial d’Albert Camus en … septembre 1944 (!!!) au sujet de ceux qui parlaient déjà de victoire alors que la guerre n’était pas terminée: « On veut informer vite au lieu d’informer bien. La vérité n’y gagne pas ». La maxime judicieuse s’applique tout autant au staff communicant des écuries politiques qui devrait conseiller à leurs champions respectifs de pondérer leurs critiques en période de tension. Faire de la communication opportuniste sur l’hémoglobine encore chaude d’innocentes victimes est tout sauf responsable et crédible.

Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a rendu, le 27/07/2016, sa délibération concernant les éditions spéciales autour de l'attentat de Nice survenu le soir du 14 juillet. Le CSA avait notamment été saisi par 41 parlementaires après la diffusion sur la Deux, le soir des événements, d'une interview "d'un homme assis au pied du corps sans vie de sa femme, après avoir appris la mort de son fils".Malgré les excuses publiques de France 2 dès le lendemain de l'attentat, l'autorité administrative indépendante annonce aujourd'hui dans un communiqué son intention de "saisir le rapporteur indépendant placé auprès du Conseil".

  • La réaction de l'écrivain Joann SFAR sur la couverture médiatique de l'attentat du 14/07/2016 à Nice: «Je ne peux m’empêcher de penser que le traitement aurait été différent si le massacre avait eu lieu à Paris et pas à Nice. Jamais je n’ai eu autant honte de nos médias. »
  1. Qualification du terroriste: «Psychopathe ou terroriste ? Comme s’il fallait choisir.»
  2. Arrêter de poser «en boucle la question du loup solitaire, comme si l’originalité de son fonctionnement n’était pas, précisément, de n’avoir plus besoin, pour opérer, de comité central distribuant des ordres».
  3. La revendication n’a «aucune importance. Cela n’en avait déjà pas du temps des Brigades rouges à qui il arrivait de ne pas revendiquer leurs tueries».
  4. «Quoi ? Un islamiste qui n’allait pas à la mosquée ? (…) qui buvait des bières ? L’islamisme, on ne le répétera jamais assez, n’est pas une religion, mais une politique.» .
  5. «Le djihadisme frappe partout, voilà la vérité» ; ne plus donc se poser la question de savoir pourquoi un terroriste frappe tel lieux plutôt qu’un autre, et de telle manière, car «cette tentation de surinterpréter, de voir partout des signes subtils, de prêter à ces âmes chiches une dignité logique qu’elles n’ont pas - voilà une autres de nos faiblesses» dont se nourriraient les terroristes.

C2K, rappeur Niçois de 29 ans rend hommage à "tous ceux qui sont morts pour rien, qui sont partis trop tôt".

«Le 14 juillet, ma femme et mes enfants se sont réfugiés au Buffalo Grill, ils sont vivants. D'autres n'ont pas eu cette chance. J'ai un ami d'enfance du quartier qui a perdu sa mère. Combien de mamans sont tombées? Combien d'enfants? J'en ai pleuré et je pleurerai longtemps»

Sa chanson est «un hommage pour les victimes, un hommage à Nice. Si je ne faisais rien, ça voulait dire que j'étais sourd. Les quartiers ont souffert, Nice souffre, la France souffre. C'est ma ville, mon pays, mon drapeau qui ont mal, je suis obligé de les défendre».

«Je suis Franco-Tunisien comme le tueur. Mais il aurait pu être de n'importe quelle autre nationalité. Parmi les morts, il y avait des Franco-Tunisiens et des Tunisiens. C'était un terroriste, point. Le tueur se disait musulman. Je suis musulman, pas pratiquant mais j'ai la foi, je crois en Dieu. L'islam interdit de tuer. Le tueur n'était pas un musulman, point .»

 

Attentat de Nice

16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:38
La promenade des Anglais le 14/07/2016, photo AFP

La promenade des Anglais le 14/07/2016, photo AFP

Médias venus du monde entier - BORIS HORVAT/AFP

Médias venus du monde entier - BORIS HORVAT/AFP

Faits

Les éléments connus au sujet de l'attentat qui a frappé Nice ce jeudi 14 juillet 2016. Le procureur François MOLINS a évoqué, le vendredi 15/07/2016,  « une nouvelle barba­rie terro­riste ». D’après ses décla­ra­tions, 10 enfants et 20 adoles­cents se trouvent parmi les victimes et 202 personnes sont bles­sées, dont 52 en état d’ur­gence abso­lue. L’enquête diri­gée conjoin­te­ment par la police judi­ciaire et la Direc­tion géné­rale du rensei­gne­ment inté­rieur (DGSI) porte sur les chefs « d’as­sas­si­nat et tenta­tive d’as­sas­si­nat en bande orga­ni­sée en rela­tion avec une entre­prise terro­riste », « tenta­tives d’as­sas­si­nat sur personnes dépo­si­taires de l’au­to­rité publique en rela­tion avec une entre­prise terro­riste » et « asso­cia­tion de malfai­teurs terro­ristes en vue de prépa­rer une attaque ».

L’homme circu­lait seul « à bord d’un camion frigo­ri­fique de 19 tonnes, loué le 11 juillet à Saint-Laurent-du-Var et qui devait être resti­tué le 13 juillet ». L’in­di­vidu a roulé sur envi­ron deux kilo­mètres et a percuté de nombreux passants, rassem­blés pour assis­ter au feu d’ar­ti­fice sur la prome­nade des Anglais. « Il a tiré (à l'aide d'un pistolet 7.65mm) sur trois poli­ciers (qui tentaient de l'intercepter), qui ont répliqué. Il a roulé sur 300 mètres supplé­men­taires avant d’être abattu ». « Dans la cabine du conduc­teur, un pisto­let auto­ma­tique vide, un char­geur, des cartouches percu­tées et non percu­tées, un pisto­let factice, une grenade percée (donc inutilisable), deux armes longues en plastique, un télé­phone portable en cours d’ex­ploi­ta­tion, divers docu­ments aussi en cours d’ex­ploi­ta­tion, une carte conduc­teur et une carte bancaire ont été retrou­vés ».

L’iden­tité de l’homme a été confir­mée ce vendredi 15 juillet. Il s’agit de Moha­med Lahouaiej Bouh­lel, un tuni­sien, titulaire d'une carte de résident, domi­ci­lié à Nice au 62 de la route de Turin, dans le quartier des aniens abattoirs. Ce père de famille de 3 enfants était chauf­feur livreur de profes­sion. Il était connu des services de police et de justice pour des faits de menace, violence et dégra­da­tion. Il a été condamné le 24 mars dernier par le tribu­nal correc­tion­nel de Nice, à six mois de prison avec sursis pour des faits de violence avec arme. Il n’était en revanche pas connu des services de rensei­gne­ment et ne faisait pas l’objet d’une fiche S. Pour rappel, son ex-épouse est en garde à vue, depuis ce vendredi matin.

Selon M6, il aurait parvenu à accé­der à la Prome­nade des Anglais, fermée à la circu­la­tion pour les festi­vi­tés du 14 juillet, en affir­mant qu'il devait « livrer des glaces ».

Le camion utilisé lors de l'attentat a forcé le passage en montant sur le trottoir, a indiqué samedi la préfecture des Alpes-Maritimes. L'interdiction d'accès à la Promenade des Anglais, au point d'entrée du camion, était "matérialisée par le positionnement de véhicules (de police) bloquant l'accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir", a affirmé la préfecture dans un communiqué, ajoutant que la sécurité des "points les plus sensibles" était confiée à des équipages de la police nationale, renforcés d'équipages de la police municipale.

Promenade des anglais le 16/07/2016: Drapeaux à mi-mâts:

Plus de 30 heures après l'attaque de Nice, l'Etat islamique a revendiqué, via son organe de propagande Amaq, la tuerie ayant fait 84 mort jeudi soir à Nice:
"L'auteur de l'opération (...) menée à Nice en France est un soldat de l'Etat islamique. Il a exécuté l'opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI".

 

Attentat à Nice le 14/07/2016
La préméditation

Le procureur de la République de Paris François MOLINS a indiqué lors de la conférence de presse du lundi 18/07/2016 que :

 

  • Le 10 Janvier 2015, le terroriste adresse, après les attentats de Charlie, le SMS suivant: "Je ne suis pas Charlie… Je suis content, ils ont ramené les soldats d'Allah pour finir le travail".
  • 25 Mai 2015: Le terroriste se renseigne sur la drogue consommée par les terroristes avant leur passage à l'acte,
  • 14 Juillet 2015 & 15 Août 2015: le terrosite se rend au feu d'artifice de Nice et prend des clichés de la foule,
  • Entre Juillet 2015 et Juillet 2016, le terroriste a échangé à 1.278 reprises au sujet de l'attentat avec ses complices,
  • 9 Janvier 2016: Le terroriste consulte un article portant sur un fait divers dans le commissariat du 18e arrondissement de Paris, titré « L’homme tué devant le commissariat de Barbès est un Tunisien ».
  • 4 Avril 2016: Message FaceBook "Charge le camion (...) avec 2000 tonnes de fer (...) coupe lui les freins, moi je regarde".
  • Un prêt à la consommation du 5.000 euros a été refusé au terroriste le 28/06/2016,
  • Le terroriste a effectué des recherches Internet depuis le 01/07/2016 portant sur les mots clés 'Horrible accident mortel', 'Terrible accident mortel' ou encore 'Vidéo choc, âmes sensibles ' ainsi que sur les festivités du 14 juillet 2016 organisées sur la promenade des Anglais à Nice,
  • La camion bélier a été réservé le 04/07/2016,
  • Le terroriste a fait un repérage des lieux avec le camion le 12/07/2016,
  • Le terroriste a vendu son véhicule le 13/07/2016 et en a loué un autre,
  • Le terroriste s'est rendu une seconde fois sur la promenade des Anglais avec son camion le 13/07/2016 vers 22h,
  • Un SMS a été envoyé par le terroriste peu avant l'attentat, le 14/07 à 14h27: “Le pistolet que tu m'as donné hier c'est très bien, alors on ramène 5 de chez ton copain, c'est pour C.et ses amis”
  • Le terroriste envoie un autre SMS le 14/07 à 17h55: “C. et ses amis sont prêts pour le mois prochain, maintenant ils sont chez W.”.
  • Le terroriste laisse un message vocal le 14/07 à 21h30: “Dis à tes copains que les 5 sont prêtes, elles sont prêtes pour le mois prochain”.
  • Le terroriste envoie un autre SMS le 14/07 à 22h27 en indiquant qu'il avait acquis un pistolet et qu'il souhaite avoir plus d'armes "Amènes plus d'armes, amènes en cinq à C."
  • le 14/07 à 22h33 : L’un des équipages de la police municipale en service autour de la manifestation alerte le centre de supervision urbain (CSU), qui gère notamment la vidéosurveillance de la ville, de la présence "d’un camion fou, sur le trottoir de la Promenade des Anglais, chaussée sud, face au Centre Universitaire Méditerranéen".
  • 22h35 et 15 secondes : Alors que le camion poursuit sa course et fauche de nombreuses personnes sur son passage, un agent de la police nationale se met à courir à pied derrière le camion. Le véhicule se situe alors au croisement de la rue Meyerbeer et de la Promenade des Anglais. Deux voitures de la police nationale sont stationnées dans le sens de la route sur ce second point de "contrôle et de protection". Six fonctionnaires de la police nationale sont présents sur les axes de circulation. Des tirs sont échangés.
  • 22h35 et 47 secondes : Le camion s’immobilise à hauteur du Palais de la Méditerranée, 230 mètres après avoir franchi le second point de "sécurisation" tenu par la police nationale. Mohamed Lahouaiej Bouhlel est abattu par les policiers.
  • photo d'un article de Nice-Matin "Il fonce volontairement sur la terrasse d'un restaurant'" a été retrouvée dans son téléphone portable,

 

La personnalité du terroriste:

Précisions apportées par le procureur de la république François MOLINS: "Des témoignages font état d'un individu très éloigné des considérations religieuses, ne pratiquant pas la religion musulmane, mangeant du porc, buvant de l'alcool, consommant de la drogue et ayant une vie sexuelle débridée. Il est décrit comme un individu particulièrement violent à l'égard de son épouse et de ses enfants. J'en veux pour preuve les témoignages de son épouse et des voisins qui ont pu être recueillis. Un autre témoignage fait état de ce que, depuis huit jours, Mohamed Lahouaiej Bouhlel s'était laissé pousser la barbe expliquant que 'la signification de cette barbe était religieuse'. Il avait aussi évoqué l'Etat Islamique indiquant 'qu'il ne comprenait pas pourquoi Daech ne pouvait pas prétendre à un territoire'. Un autre témoin a par ailleurs indiqué qu'il y a 7 à 8 mois, Mohamed Lahouaiej Bouhlel lui avait montré une vidéo de décapitation d'otages et que face à son étonnement, il avait rétorqué : 'Je suis habitué'". 

De gauche à droite et de haut en bas, on reconnaît l'Assemblée nationale française, la grande roue de Londres (the London Eye), le pont du millénaire de Gateshead en Angleterre, l'ambassade de France à Berlin, la Mole Antonelliana à Turin, la tour Eiffel à Paris, le Palais Negresco à Nice, l'Ange de l'Indépendance à Mexico, l'Hôtel de ville de Tel-Aviv, le Sénat à Mexico, l'Hôtel de ville d'Athènes et le Capitole dans le centre de Rome.

De gauche à droite et de haut en bas, on reconnaît l'Assemblée nationale française, la grande roue de Londres (the London Eye), le pont du millénaire de Gateshead en Angleterre, l'ambassade de France à Berlin, la Mole Antonelliana à Turin, la tour Eiffel à Paris, le Palais Negresco à Nice, l'Ange de l'Indépendance à Mexico, l'Hôtel de ville de Tel-Aviv, le Sénat à Mexico, l'Hôtel de ville d'Athènes et le Capitole dans le centre de Rome.

 

Victimes

Liste des 84 victimes  de 19 pays différents : Algérie, Allemagne, Arménie, Belgique, Brésil, Estonie, Etats-Unis, Georgie, Italie, Kazakhstan, Madagascar, Maroc, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse, Tunisie, Turquie et Ukraine.

David Bonnet, 44 ans

Elizabeth Cristina de Assis Ribeiro, 31 ans et sa fille Kayla, 6 ans

Tatiana Muhamedova

Linda Casanova Siccardi, 54 ans

Fatima Charrihi, 60 ans

Rachel Erbs, 39 ans

Lyubov Panchenko, 59 ans, Marina Panchenko, 33 ans et Silvia, 2 ans et demi

Camille Murris, 26 ans

Sean Copeland, 51 ans, et Brodie Copeland, 11 ans

Emmanuel Grout, 48 ans

Françoise Hattermann, 55 ans, et son fils Elouan, 12 ans
Pierre Hattermann, 56 ans

Myriame Bellazouz, 29 ans

Léa Mignacabal, 68 ans

Aldjia Bouzaouit, 42 ans

Narine Gasparyan, 34 ans

Christine Fabry, 67 ans, son fils Bruno Villani 42 ans, André R. 17 ans et son compagnon Hugues Mismack, 49 ans

Medhi H., 12 ans

Olfa Bent Souayah Khalfallah, 31 ans et son fils Killian, 4 ans

Bilal Labaoui, 25 ans

Mathias Billiez, ans ; Odile Caléo ans & Jocelyne Caléo ans

Adib Bousfiha, 51 ans

Michaël Pellegrini, 28 ans

François et Christiane Locatelli, 82 et 78 ans

Véronique Lyon, 55 ans

Yannis C., 4 ans

Gisèle et Germain Lion, 68 et 63 ans

Robert Marchand, 60 ans

Viktoria Savtchenko, 20 ans

Nicolas Leslie, 20 ans

Natalia Otto, 57 ans

Roman Ekmaliyan, 56 ans

Mohamed Toukabri, 58 ans

Léana, 2 ans, Yanis, 8 ans, et Laurence-Nora Sahraoui, 49 ans

Igor Chelechko, 48 ans

Magdalena et Marzena Chrzanowska, 21 et 20 ans

Laurence Rasteu, 46 ans

Mino Razafitrimo, 31 ans

Ludovic R., 12 ans, et sa soeur Ludivine Gomes, 25 ans

Zahia Rahmouni, 72 ans

Amie VIMAL, 12 ans

Silan Aydin, 19 ans

Selma, 18 ans,

Saskia Schnabel, 29 ans

Laura B., 13 ans

Mario Casati, 90 ans et sa compagne Maria Grazia Ascoli, 79 ans

Angelo D'Agostino, 71 ans, et Gianna Muset, 68 ans

Carla Gaveglio, 48 ans

Christian Coman, 34 ans

Raymonde Maman, 77 ans

Lionel Deforge, 70 ans, Sylvie Noailland Rault Roux, 79 ans

Mykhalo Bazalevskyy, 22 ans

Alina Bogdanova, 27 ans

Rickard Kruusberg, 20 ans

Viktoria Savtchenko, 20 ans,

Patricia Zanon-Duroy, 62 ans,

 

Depuis l’attentat, le soir du jeudi 14 juillet, 331 patients ont été pris en charge dans les établissements de santé de Nice (CHU de Nice, hôpital Lenval, clinique du Parc Impérial, clinique Saint-Georges) et des villes proches (Antibes, Cagnes-sur-Mer, Cannes, Grasse, Saint-Laurent-du-Var). Le plus jeune des blessés de la Fondation LENVAL est âgé de six mois, les enfants sont pour la plupart soignés pour des traumatismes crâniens et des fractures.

Une chaîne humaine composée de centaines de personnes a déplacé dans l'émotion lundi soir les fleurs, peluches et mots d'hommage déposés sur la Promenade des Anglais depuis l'attentat de jeudi soir vers le kiosque à musique du jardin Albert 1er et également sur le troittoir de la chaussée Sud de la Promenade, face à la mer et au jardin Albert 1er.

 

Le camion de 19t

Le camion de 19t

Le camion de 19t

Le camion de 19t

Témoignages
  1. Le récit de Damien ALLEMAND, journaliste et responsable du service Digital de Nice-Matin évoque l'ambiance et l'atmosphère de cette macabre soirée juste après la fin du feu d'artifice alors qu'il se trouvait sur la plage en face au High Club (45 - 47 Promenade des Anglais) entre "Le Voilier Plage" (58 Promenade des Anglais) & "Neptune Plage" (face à l'hôtel Negresco 37 Promenade des Anglais).
    Extrait de son récit: "un énorme camion blanc filait à une allure folle sur les gens donnant des coups de volant pour faucher un maximum de personnes. Ce camion de la mort est passé à quelques mètres de moi et je n’ai pas réalisé. J’ai vu des corps volaient comme des quilles de bowling sur son passage. Entendu des bruits, des hurlements que je n’oublierai jamais. J’étais tétanisé. Je n’ai pas bougé. J’ai suivi ce corbillard des yeux. Autour de moi, c’était la panique. Les gens couraient, criaient, pleuraient. Alors, j’ai réalisé."
  2. Le récit de Richard GUTJAHR, journaliste allemand, joint par téléphone, depuis Berlin, par l'AFP: "Je me trouvais sur le balcon (d'un hôtel) qui donne directement sur la Promenade des Anglais et j'ai vu les gens qui étaient en train de célébrer (le 14-Juillet) puis tout à coup un camion a roulé en direction de la foule. Il conduisait très lentement, c'est ce qui était étonnant. Et il a été suivi par un motard qui roulait derrière lui et le motard a essayé de le dépasser et a même essayé d'ouvrir la portière côté conducteur du camion. Mais il a chuté et il est passé sous les roues du camion. J’ai aussi vu deux policiers tirer sur le camion. Et là le chauffeur du camion a mis les gaz, le camion a roulé vite, il a accéléré et il a foncé dans la foule en zigzag. Ensuite il y a eu 15 à 20 secondes de tirs de plusieurs armes."
    Ci-joint la vidéo tournée par Richard GUTJAHR:
  3. Le témoignage de Yohan ROBLIN, journaliste multimédia à MYTF1 News: "Nous venions de sortir du restaurant situé rue de la Liberté lorsque le feu d’artifice a débuté. Il était 22 heures. Dix minutes après, nous étions sur la Promenade des Anglais avec ma compagne et deux amis. Il y avait énormément de monde, des touristes, des parents avec des poussettes, des enfants, des personnes âgées... C’était bondé. Les gens étaient sereins, souriants. Il y avait un dispositif de sécurité, des barrières partout, aucun véhicule ne circulait hormis les voitures de police". La suite se passe dans le ciel, "un spectacle grandiose avec les bateaux en toile de fond", dit-il. Le feu d'artifice terminé, les quatre amis décident de remonter la Promenade des Anglais en direction du jardin Albert 1er où des concerts sont organisés. "Nous avons alors commencé à entendre des bruits au loin. C'était comme des pétards. Puis des gens se sont mis à courir. On a pensé à un mouvement de foule. On a essayé de rester calmes. Mais la foule commençait à crier, on entendait encore ces bruits sourds. Des voitures de police ont alors surgi sur la Promenade, une policière criait dans un haut-parleur : Partez, courez, poussez-vous ! On a couru dans les ruelles du vieux Nice, tout le monde essayait de se mettre à l'abri, de se réfugier dans les bars. On a décidé de fuir vers le parking où nous avions garé notre voiture, poursuit le jeune homme. Notre cœur battait à 100 à l’heure. On a croisé des touristes étrangères apeurées, en larmes, qui nous demandaient s’il se passait la même chose qu’à Paris (attentats du 13 novembre, ndlr). Puis on est montés dans la voiture, on a éteint les phares, on a fermé les portes, on s'est barricadés.. Plus personne n'osait bouger, parler. On était choqués. On a suivi le reste des événements sur le portable. Au bout d’un moment, on a voté pour savoir s'il fallait que l'on sorte ou reste là. On a décidé de démarrer. Les visages étaient fermés, les regards hébétés... Nous avons roulé vers la Promenade des Anglais. Au loin, il y avait les gyrophares, les sirènes".
  4. Un touriste clermontois raconte l'indicible : "Tout au long de la Promenade, je n'ai vu que des morts. C'était vraiment monstrueux. Les gens avaient apporté des draps, des couvertures, des nappes de restaurant pour les couvrir. Il y avait des enfants, beaucoup d'enfants. Je pense que ça restera à tout jamais gravé dans mon cœur."
  5. Un jeune coupe témoigne: "Il écrasait des gens, tout ce qui était sur son passage. Et il visait particulièrement un manège d'enfant avec le camion. (...) C'est pour ça qu'il y avait beaucoup d'enfants visés. Vraiment des tous petits enfants." Malheureusement, ce couple explique qu'il n'a pas réussi à sauver une jeune femme : "C'était une jeune femme, je lui ai dit que ça allait aller, elle est décédée et après j'ai vu ses deux parents arriver et se rendre compte de ce qui était arrivé et que c'était fini. (...)"
  6. Najate, niçoise de 52 ans: "Je me suis retournée et là, j'ai vu le camion qui fonçait et des corps qui voltigeaient. On voyait qu'il voulait faire le maximum de victimes. Il roulait vite. C'était horrible. J'ai vu un père avec son fils de deux ans dans les bras. Le petit était mort. (Après) je ne comptais plus les morts",
  7. Julien, témoin de l'attaque: "Nous étions avec des amis au niveau de l'hôtel Negresco. J'ai vu passer le camion à une vitesse folle, sans doute 90 km/h. Il est passé en une seconde. Il y avait beaucoup de corps sur la chaussée après. Des gens avec les jambes écrasées, la tête écrasée... 100 ou 200 mètres plus loin, j'ai entendu des coups de feu. Il va y avoir énormément de victimes. La promenade des Anglais est une chaussée à trois voies. Et dessus, il n'y avait que des gens allongés par terre".
  8. Franck, à scooter à tenté d'arrêter le terroriste: "on a senti un mouvement de foule venir dans notre dos. On a entendu des cris et des voitures se mettaient en travers". Franck roulait à 60 km/h sur la promenade des Anglais et c'est alors que le camion blanc de 19t du terroriste le double "à fond. J'ai en tête les images des corps qui volaient de partout. J'ai tout de suite compris. J'ai alors décidé d'accélérer. Ma femme, derrière moi, me tirait le bras et me demandait où j'allais. Je me suis arrêté. Je lui ai dit: dégage!", se souvient Franck. qui, pour rattraper le terroriste, slalome "entre les gens, vivants et morts. Je me souviens même de crier dans le casque. Je criais à la mort en fait, poursuit-il. J'étais dans un état second mais à la fois lucide. Je suis donc parvenu à me mettre sur sa gauche. Quand j'étais à son niveau, je me suis posé la question : qu'est-ce que tu vas faire avec ton pauvre scooter ? C'est alors que je l'ai jeté contre le camion. J'ai continué à courir après lui. Je me souviens être tombé puis reparti à toutes jambes. Je ne sais plus ce que je faisais. Et finalement, je suis arrivé à m'accrocher à la cabine. J'étais sur les marches au niveau de la fenêtre ouverte. Face à lui. Je l'ai frappé, frappé, et frappé encore. De toutes mes forces avec ma main gauche même si je suis droitier. Des coups au visage". Franck indique que le terroriste "ne disait rien. Il ne bronchait pas. Le pistolet ne marchait pas. J'avais l'impression qu'il essayait de le manipuler ou de le charger, je n'en sais rien. Il me visait, appuyait sur la gâchette, mais ça ne marchait pas". Le Terroriste fini par réussir à armer son pistolet et tire en direction de Franck, qui glisse alors entre les roues du camion.
    "J'étais prêt à mourir pour l'arrêter. Dans ma tête, je sais que mon fils était place Masséna. Ça m'a donné la force et le courage pour qu'il (le terroriste) n'y arrive pas".

     
 
La sécurité civile

La sécurité civile

La promenade des anglais

La promenade des anglais

Le Palais de la méditerranée

Le Palais de la méditerranée

La place Massena

La place Massena

Hommages
  • Samedi 16/07/2016: Le Député-Maire de Villeneuve-Loubet, Lionnel LUCA, et son Conseil municipal, convient la population à un rassemblement silencieux de soutien aux victimes des évènements tragiques de la Promenade des Anglais, samedi 16 juillet à 12 h 15 - Place de la République (devant la Mairie au village).
  • Vendredi 15/07/2106: Au Mexique, le Sénat et le ministère des Affaires étrangères ont été illuminés aux couleurs du drapeau français.
  • Vendredi 15/07/2016 10h50 CET: Le premier ministre belge Charles MICHEL a adressé ses condoléances au peuple français: «Les démocrates sont plus forts que les terroristes [...], les valeurs de respect et de tolérance doivent être défendues»
  • Vendredi 15/07/2016 9h52 CET: Les chefs de la diplomatie américaine (John KERRY) et russe (Sergeï LAVROV) se sont rendus ensemble à l'ambassade de France à Moscou pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Nice. "La Russie est solidaire avec le peuple français. Nous partageons votre peine", a écrit le ministre russe des Affaires étrangères, plaidant pour une "détermination commune à ne pas céder face au terrorisme". Son homologue américain a exprimé ses "plus profondes condoléances et fraternité avec le peuple français". "Puissions-nous tous faire preuve de force et de détermination afin de mettre fin au fléau de la terreur", a-t-il écrit.
  • Vendredi 15/07/2016 9h29 CET: Condoléances du président Russe Vladimir POUTINE: “Cher François. La Russie sait ce qu’est le terrorisme et la menace qu’il représente. Notre peuple a déjà fait face à de telles tragédies, et notre peuple ressent de la douleur, après ce qu’il s’est passé à Nice. Les Russes expriment leur sympathie et leur solidarité au peuple de France.’‘
  • Angela Merkel, la chancelière allemande: "L'Allemagne est aux côtés de la France dans la lutte contre le terrorisme", a-t-elle souligné à Oulan-Bator, en marge du 11e sommet Europe-Asie. "Les mots suffisent à peine pour dire ce qui nous unit à nos amis français"
  • Macky Sall, le président sénégalais : «Les attentats inqualifiables tuant lâchement autant de victimes innocentes ce soir à Nice m'attristent profondément».
  • Theresa May, La Première ministre britnique : “Je suis choquée et attristée par l’attaque horrible perpétrée à Nice. Nos coeurs sont avec le peuple français et avec tous ceux qui ont perdu des êtres chers ou ont été blessés. Nous devons travailler avec la France et avec nos partenaires dans le monde entier pour défendre nos valeurs et notre liberté."
  • Le président des Etats-Unis Barack Obama a fermement condamné jeudi soir "ce qui semble être une horrible attaque terroriste" à Nice. "Nous sommes solidaires de la France, notre plus vieil allié, au moment où elle fait face à cette attaque. En ce 14 juillet (fête nationale marquant la Révolution française de 1789), nous nous rappelons (...) des valeurs démocratiques qui ont fait de la France une inspiration pour le monde entier".
  • Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré: « J'ai eu le coeur brisé en apprenant que plusieurs douzaines de victimes innocentes avaient été tuées ou blessées à la suite d'un attentat terroriste perpétré lors des célébrations de la fête nationale du 14 juillet à Nice, en France. Nous traduirons les responsables en justice, qu'il s'agisse des auteurs ou de ceux qui participent au financement ou à l'organisation de ces attentats. Nous sommes solidaires de la population française dans cette terrible épreuve. Nous avons offert toute l'aide possible au gouvernement français ».
  • Le président brésilien par intérim Michel Temer a condamné «cette abjecte et outrageante action» perpétrée «contre des innocents qui célébraient les valeurs universelles les plus élevées, la liberté des peuples, l’égalité entre les citoyens et la fraternité».
  • Le Premier ministre de Turquie, Binali Yildirim, a annoncé sur son compte Twitter, en français, qu'il condamnait l'attaque de Nice: "Je condamne fermement l'attaque terroriste lâche qui a ensanglanté #Nice en ce jour de fete nationale. #Nice06. La Turquie, toujours aux côtés des États du monde dans la lutte internationale contre le terrorisme, partage la douleur du peuple français"

Déclaration ONU

Déclaration ONU

Attentat à Nice le 14/07/2016
Augustine_ls

Augustine_ls

Parlement Européen de Bruxelles

Parlement Européen de Bruxelles

Hommage de Jean-Charles de Castelbajac

Hommage de Jean-Charles de Castelbajac

Lectrice du journal "Le Monde"

Lectrice du journal "Le Monde"

Plantu

Plantu

Guy BADEAUX

Guy BADEAUX

Shawa Cartoons

Shawa Cartoons

« Les traces de la terreur » de Px Molina

« Les traces de la terreur » de Px Molina

Le camion de la terreur, par Ramses, Cuba.

Le camion de la terreur, par Ramses, Cuba.

Angel Boligan, El Universal, Mexico City

Angel Boligan, El Universal, Mexico City

Emad Hajjaj

Emad Hajjaj

MARIAN KAMENSKY (Slovakia)

MARIAN KAMENSKY (Slovakia)

CRISTINA SAMPAIO (Portugal)

CRISTINA SAMPAIO (Portugal)

JOEP BERTRAMS (The Netherlands)

JOEP BERTRAMS (The Netherlands)

Schneider (Suisse)

Schneider (Suisse)

Michel KICHKA

Michel KICHKA

12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 20:56

Chers parents,

 

Après de longues hésitations, vous venez enfin de vous décider à prendre un congé parental d'éducation à temps complet pour profiter de vos petits bouts de choux. Félicitations pour cette courageuse décision car il y a fort à parier que vous n'avez eu de cesse d'opposer bénéfices familiaux et risques professionnels!

 

C'est alors qu'après avoir longuement pesé le pour et le contre, vous avez informé votre hiérarchie et votre employeur de votre intention de prendre un congés parental d'éducation à temps complet. Mais, Surprise!, alors que votre hiérarchie comprendra votre choix, ce sont les RH qui vous causeront des tracas. Il est probable qu'ils tentent de solder votre compte et donc de vous payer vos congés payés non utilisés!

 

C'est donc passablement agacé que vous leur indiquez que vous ne souhaitez pas du tout solder vos congés payés mais que vous souhaitez les conserver pour les utiliser à votre retour de CPE (Congés Parental d'Education)...

 

En espérant que tout se passe bien, je vais tout de même vous aider (au cas où) à faire valoir vos droits...

 

Je vais donc considérer que la réponse de vos RH vous a déçue.

 

Je comprends bien votre déception et je vous propose de la transformer, un temps soit peu, en agacement pour enfin vous en délivrer ;-p (enfin j'espère...)

 

Votre salut viendra de notre chère Europe qui va vous permettre de conserver vos congés payés! OUI je vous l'assure et je vais vous le prouver!

 

A compter d'aujourd'hui (2014), vous allez devenir PRO-Européen et vous allez surtout être heureux de faire partie des 500 millions d'européens dispersés à travers 28 pays...

 

Si si, l'Europe vous veut du bien et vous allez devenir fan de l'accord-cadre sur le congé parental qui s'applique à tous les travailleurs européens!

 

Ainsi, je vous conseille de préciser, à vos RH, votre intention de prendre un congé parental d'éducation à temps complet, dans le respect de la clause 2, point 6, de l'accord-cadre sur le congé parental, conclu le 14 décembre 1995, et modifié par la directive 97/75/CE du Conseil, du 15 décembre 1997 (JO 1998, L10, p. 24). Mais pour être sympa, précisez leur que vous souhaitez conserver vos congés payés acquis ou en cours d'acquisition avant le début de votre congés parental.

 

S'ils vous répondent qu'ils sont désolés de ne pouvoir répondre favorablement à votre demande, il vous faudra leur répondre que vous êtes déçus par leur réponse d'autant plus que vous ne pourrez pas accepter favorablement leur refus... lol

 

Il vous faudra alors leur apprendre la loi, bien que nul n'est censé l'ignorer...

 

Je vous conseille donc de leur préciser que votre demande s'appuie sur l'accord-cadre sur le congé parental qui stipule que : "les droits acquis ou en cours d'acquisition par le travailleur à la date du début du congé parental sont maintenus dans leur état jusqu'à la fin du congé parental". Puis, afin d'éviter de longs échanges et limiter votre agacement, je vous conseille de préciser que l'arrêt de la Cours de Justice de l'Union Européenne, du 22/04/2010, relatif à l'affaire C-486/08 indique que les congés payés font bien partis des droits acquis ou en cours d'acquisition: "Il résulte de ces objectifs de l’accord-cadre sur le congé parental que la notion de «droits acquis ou en cours d’acquisition» au sens de la clause 2, point 6, dudit accord-cadre recouvre l’ensemble des droits et des avantages, en espèces ou en nature, dérivés directement ou indirectement de la relation de travail, auxquels le travailleur peut prétendre à l’égard de l’employeur à la date du début du congé parental (arrêt Meerts, précité, point 43). Le droit au congé annuel payé revêtant, tel qu’il a été rappelé au point 28 du présent arrêt, une importance particulière, fait indubitablement partie des droits dérivés directement de la relation de travail de chaque travailleur, et cela qu’il s’agisse de travailleurs féminins ou masculins."

 

Et la bingo, vous êtes maintenant sur la même longueur d'onde!

 

Bon courage et pouponnez bien!

 

Liens:

15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 19:53

En week end.

Elle était dans les bras de son père. Penchée sur son épaule gauche. Etrangement ses regards paraissaient nous effleurer et glisser sur le Lama et sur Kitty, que j’avais posés sur la table, par précaution, pour atténuer une douleur toujours possible quand une séparation devait avoir lieu.

Elle était dans les bras de son père, elle avait mis ses doigts dans sa bouche. Silence. Pas un mot, pas un cri. Je disais Regarde Kitty, regarde-la qui t’ouvre les bras. Viens près d’elle.

Entendait-elle ces mots de peu. Que voulait-elle entendre ?

Elle était dans les bras de son père et ne voulait rien d’autre que rester le front sur son épaule, dans son désir de ne pas se déprendre de lui. Il était sa maison.

Mais enfin elle est descendue. Je ne sais comment… Peut-être l’a-t-il posée. Parce qu’il faut bien. Et alors je me suis glissée vers elle, avec Kitty. Le jeu a commencé. On faisait comme si, comme si j’étais la marchande… Vite, la voici tout affairée et impatiente d’acheter des yaourts à la chèvre, un sandwich au jambon, du pain et du fromage. Et quoi d’autre encore madame ? Des fruits. Et nous voilà énumérant et comptant ceux qui figurent au palmarès de ses fruits préférés ! Ses achats faits elle est prête à partir, je la retiens. Madame, il faut payer, maintenant ! Mon sac est là, tout près, je le lui ouvre. Quelle aubaine ! L’interdit tombe ! Elle déborde alors d’initiatives : elle ouvre le porte-monnaie, se saisit des ordonnances médicales, cartes d’abonnement, permis de conduire. Tout est bon à prendre. Puisqu’on fait comme si, eux feront fonction de cartes de crédit ou de produits-frais-laitiers-de base… de tout ! Elle se prend au jeu, cherche les formules « rituelles », s’essaie au « vous » et revient au « tu », se reprend… Je me régale. Quand elle a tout sorti du sac, il n’y a plus de place sur le canapé. C’est bien embêtant. Que va-t-elle faire ? Tout déménager sur l’autre canapé et puis tout « enfourner » dans sa valise…

Evitons le film catastrophe, celui des cartes froissées ou des billets déchirés… Cette valise est parfaite pour un petit voyage. Vous partez en voyage, madame ? Au ski peut-être ? Me voici tirée d’embarras. Le canapé est tout blanc, la neige déjà là… Mais il faut d’abord prendre l’avion. Ranger les affaires dans mon sac et fermer la valise. Hello Kitty et Doudou sagement installés côte à côte, à sa gauche. Toi, mamie, viens t’asseoir à côté de moi et mets ta ceinture… Pas de problèmes, un gilet fera l’affaire, et pour elle le chargeur du téléphone. Et Doudou, et Kitty ? Elle cherche et trouve un je ne sais quoi qu’elle s’applique à fixer avec soin pour qu’ils soient en sécurité… Le commandant de bord est heureux de vous accueillir à bord... Nous sommes fin prêts. Elle vérifie du regard. L’avion peut décoller. Par les hublots nous découvrons le blanc des nuages puis les routes du ski, les sapins illuminés de neige, les flocons… Ce canapé blanc joue vraiment bien le jeu !

Et quand je me suis levée pour gagner la cuisine, elle n’a pas arrêté. Je l’entendais qui parlait .Avec qui ? Et sur quel chemin s’élançait-elle maintenant ?

Jacqueline. Falicon. 15 Février 2015.