Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi de la construction d'une villa.

Publicité

Entretien avec Jean Paul POLLIN

Vuillez trouver ci-dessous l'interview de Jean Paul POLLIN, membre du Conseil National National de l'Information Statistique et Président de la formation Monnaie, finance, balance des paiements, réalisée par le 23/09/2008 par Didier Laurens au sujet du plan Paulson:

Le plan Paulson est-il d’une ampleur suffisante pour sauver la planète finance ?
- C’est un plan massif qui est de nature à résoudre les problèmes que rencontre la finance mondiale. C’est une sorte de frappe atomique. Il s’agit tout bonnement de socialiser les actifs illiquides. La mutualisation des pertes qui va en résulter constitue un transfert de la collectivité vers les institutions financières qui s’en trouveront largement renflouées.

Quel effet ce plan de 700 milliards de dollars aura-t-il sur le déficit américain ?
- Un effet négatif, évidemment. Ce plan va avoir pour effet d’augmenter la dette publique américaine, ce qui aura pour conséquence de faire monter les taux US à long terme de l’ordre de 50 à 100 points de base. Mais aussi, de faire baisser le dollar qui, après son récent sursaut, devrait recommencer à glisser.

La crise va-t-elle provoquer un durcissement de la régulation financière ?
- L’intervention massive des autorités américaines, mais aussi européennes, doit avoir une contrepartie. Ce sauvetage généralisé du secteur financier appelle une régulation plus étroite du secteur financier  : on ne peut laisser faire n’importe quoi et mettre ensuite les conséquences des extravagances financières à la charge de la collectivité.
Normalement la BRI et le FMI sont les institutions appropriées pour faire des propositions en ce domaine. Mais il est douteux que l’on parvienne à une parfaite coordination des régulations nationales. Chaque pays va traiter le problème en fonction de ses conceptions et de ses intérêts.

Le plan Paulson profitera-t-il aux banques européennes ?
- Bien sûr. Ces dernières ont non seulement acheté une bonne part des actifs toxiques produits aux Etats-Unis, mais elles sont aussi engagées par des prêts et des participations envers les banques américaines. Le sauvetage de celles-ci et le retour de la liquidité sur les marchés profiteront, évidemment, aux institutions financières européennes.

L’interdiction de vendre à découvert va-t-elle remettre en cause les stratégies d’investissement long/short ?
- L’interdiction de vente à découvert ne concerne qu’une classe d’actifs, à savoir, les titres d’institutions financières. De plus, cette interdiction ne vaut que pour une période de temps déterminée. Du fait de son caractère limité, je ne pense pas que cela puisse remettre globalement en cause ce type de stratégie financière. Ce serait d’ailleurs dommageable à l’efficience des marchés.

Comment les modèles quantitatifs ont-ils réagi à la crise ?
- Ils réagissent mal. Ces modèles fonctionnent sous l’hypothèse de bonne liquidité des marchés. Ils sont donc inadaptés dans la situation de crise actuelle qui est précisément une crise de liquidité. Ce qui met en échec les formules standard de valorisation des actifs.

Quelles sont les leçons de la crise en termes d’asset management ?
- Il faudra un peu de recul pour le dire. Mais les épargnants mettront quelque temps à revenir vers les placements à risque. De plus, certains secteurs de l’asset management seront plus touchés que d’autres. Le modèle de la gestion alternative, qui prétend vendre des portefeuilles décorrélés des fluctuations de marché, a montré ses limites. Je pense donc que les hedge funds auront plus de mal à convaincre de leurs vertus à l’avenir.
 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Mais des sous, j'en ai pas alors la crise c'est pas pour moi…mais si, même les non-spéculateurs et les salariés pauvres vont être touchés et ça va faire mal!
Répondre